En bref

  • Quatre indicateurs suffisent à dater les interventions sur une pelouse : température moyenne, cumul de pluie, jours de gelée, jours à 30 °C ou plus.
  • Sur les 95 fiches, la pluie de juin à août va de 60 mm (Corse) à 298 mm (Savoie), et les journées à 30 °C ou plus de 2 (Côtes-d'Armor) à 56 (Gard).
  • Les sept régimes ne sont pas des régions : ils sortent d'une grille contrainte estivale × contrainte hivernale, appliquée mécaniquement aux relevés.
  • Source unique : normales 1991-2020 calculées depuis les relevés mensuels ouverts de Météo-France, sous Licence Ouverte 2.0.

Trois décisions sur quatre, sur une pelouse, sont des décisions de date : quand semer, quand scarifier, quand arroser, quand faire la dernière tonte. Or ces dates ne dépendent pas du mois mais de la température du sol, du risque de gelée et du déficit de pluie. Un calendrier unique pour la France entière donne donc une bonne réponse à une minorité de lecteurs.

Cette page explique de bout en bout comment ce site traite le problème : d’où viennent les chiffres, comment ils passent d’une station météorologique à un département, quels quatre indicateurs sont retenus et pourquoi ceux-là, comment les sept régimes sont construits — et ce que tout cela ne permet pas de dire.

La source, et une seule

Toutes les valeurs climatiques du site viennent d’un jeu unique : « Données climatologiques de base — mensuelles », publié par Météo-France sur data.gouv.fr — et relayé par le portail meteo.data.gouv.fr — sous Licence Ouverte / Open Licence version 2.0 (lov2). Ce jeu donne, pour chaque station et chaque mois depuis 1950, le cumul de précipitations, la température moyenne, le nombre de jours de gelée et le nombre de jours où le maximum a atteint ou dépassé 30 °C.

Deux points méritent d’être dits explicitement, parce qu’ils distinguent ce site de la plupart des contenus sur le sujet.

Aucun chiffre n’est repris d’une source secondaire. Les fichiers sont téléchargés département par département et agrégés localement. Il n’y a pas de recopie d’un tableau trouvé ailleurs, et donc pas de propagation d’une erreur de recopie.

Aucun chiffre n’est estimé. Là où le relevé manque, il n’y a pas de page. La Corse compte une fiche au lieu de deux pour cette raison précise, et non par négligence.

Comment un relevé de station devient un chiffre de département

Quatre décisions, appliquées à l’identique aux quatre-vingt-quinze fiches. Elles sont détaillées en page méthode ; voici ce qu’elles changent.

Période 1991-2020. C’est la période de normales en vigueur. Une fenêtre plus récente serait plus « actuelle » mais beaucoup plus bruitée : sur dix ans, un été exceptionnel déplace une moyenne.

Au moins vingt-cinq années présentes sur trente. Une station dont il manque plus de cinq années pour un mois n’est pas retenue pour ce mois. Sans ce filtre, une station récente tirerait la valeur d’un mois entier.

Les postes de moins de 600 mètres en priorité. C’est la décision la plus discutable et la plus utile. Les jardins ne sont pas à deux mille mètres : sans cette restriction, la Savoie serait décrite par ses stations de crête et afficherait une température moyenne de 7 °C, ce qui ne veut rien dire pour une pelouse de vallée. Avec la restriction, elle affiche 11,6 °C sur treize stations situées entre 230 et 600 mètres — un chiffre qui décrit l’endroit où les gens vivent.

La médiane, pas la moyenne. La densité de stations est très inégale — de moins de cinq à plus de cinquante selon les départements — et un poste atypique déplacerait une moyenne. Le nombre de stations retenues est affiché à côté de chaque relevé, pour que le lecteur puisse juger de la solidité du chiffre.

Sept départements sont décrits par leurs postes d'altitude

Les Alpes-de-Haute-Provence, la Haute-Loire, la Lozère, la Meuse, Paris, les Hauts-de-Seine et la Seine-Saint-Denis ne comptent pas trois stations de basse altitude sur toute l'année — pour des raisons opposées : le relief pour les premiers, le très faible nombre de postes pour les seconds. Leurs chiffres portent sur l'ensemble des postes disponibles, et leur fiche l'indique en clair. Dans le cas des départements de montagne, cela sous-estime la douceur des vallées habitées.

Les quatre indicateurs, et pourquoi ceux-là

Il existe des dizaines de variables climatiques. Quatre suffisent à dater ce qu’on fait sur une pelouse, et les autres n’ajoutent rien d’actionnable.

IndicateurCe qu’il décideAmplitude sur les 95 fiches
Température moyenne mensuelleLes deux fenêtres de semis et la durée de croissance active8,2 °C (Alpes-de-Haute-Provence) à 16,6 °C (Corse)
Cumul de pluie de juin à aoûtLe besoin réel d’arrosage, et la viabilité d’un semis de printemps60 mm (Corse) à 298 mm (Savoie)
Nombre de jours de geléeLa fermeture de la fenêtre d’automne et le choix des espèces résistantes au froid2 j (Corse) à 155 j (Alpes-de-Haute-Provence)
Nombre de jours à 30 °C ou plusLe choix de l’espèce dominante et la hauteur de tonte d’été2 j (Côtes-d’Armor) à 56 j (Gard)

Ces amplitudes sont l’argument central de ce site. Le cumul de pluie estivale varie d’un facteur cinq, les journées de forte chaleur d’un facteur vingt-huit, les jours de gelée d’un facteur soixante-dix-sept. Aucun conseil de jardinage écrit « pour la France » ne peut être juste sur une telle dispersion.

Relevé départemental

Deux départements que tout sépare, mois par mois

Le Finistère reçoit de la pluie tous les mois, de 60 mm en juin à 144 mm en décembre, et ne compte que 2 journées à 30 °C ou plus sur l'année entière. Le Gard reçoit 34 mm en juillet et 135 mm en septembre, et cumule 56 journées à 30 °C ou plus, concentrées de juin à septembre — dont près de 21 sur le seul mois de juillet. Les deux séries sont dessinées à la même échelle. Finistère · 1 134 mm/an · 2 j à 30 °C de la pluie tous les mois, un creux à 60 mm en juin Gard · 929 mm/an · 56 j à 30 °C 34 mm en juillet, 135 mm en septembre — et l'essentiel de la chaleur sur trois mois JFMAMJJASOND
  • Pluie mensuelle
  • Journées à 30 °C ou plus

Schéma comparatif, à l'échelle relative. Les valeurs exactes, mois par mois, sont sur les fiches du Finistère et du Gard.

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valeurs mensuelles relevées par département — température, pluie, jours de gelée, journées à 30 °C — d'où sortent la fenêtre de semis, le mélange d'espèces et le besoin d'arrosage. Aucune n'est estimée : un territoire sans relevé exploitable n'a pas de page.

Les sept régimes, et comment ils sont construits

Une région administrative n’a aucun sens climatique. L’Occitanie contient le Gard, à cinquante-six journées de forte chaleur, et la Lozère, à quatre-vingt-neuf jours de gelée. Regrouper des départements par voisinage produirait des groupes incohérents.

Les régimes de ce site sortent donc d’une grille à deux axes — les deux contraintes qui décident du calendrier d’une pelouse :

  • la contrainte estivale, mesurée par les journées à 30 °C ou plus et la pluie de juin à août ;
  • la contrainte hivernale, mesurée par les jours de gelée.

Chaque axe a trois niveaux, la grille compte neuf cases, sept sont peuplées. Chaque département tombe dans une case et une seule, mécaniquement. Aucun n’a été déplacé à la main pour rendre une carte plus jolie.

RégimeDépartementsJours à 30 °C+Jours de geléePluie juin-aoûtFenêtre d’automneCroissance
Été frais, hiver doux13632173 mm52 j208 j
Été frais, hiver froid161252182 mm36 j196 j
Été frais, hiver rude51389220 mm28 j172 j
Été chaud, hiver doux222336170 mm32 j234 j
Été chaud, hiver froid222160206 mm30 j208 j
Été chaud, hiver rude92178270 mm27 j201 j
Été sec et très chaud84226100 mm40 j261 j

Les valeurs de ce tableau sont les médianes de chaque groupe. Deux lectures méritent d’être relevées.

La fenêtre d’automne est la plus longue dans les deux régimes extrêmes — cinquante-deux jours en été frais et hiver doux, quarante en été sec — et la plus courte dans les régimes intermédiaires à hiver marqué. Ce n’est pas une anomalie : au nord-ouest, rien ne referme la fenêtre ni par le haut ni par le bas ; au sud, elle s’ouvre tard mais l’hiver ne la referme pas.

Le régime à été sec est le plus atypique sur tous les axes. Cent millimètres de pluie estivale contre cent soixante-dix à deux cent soixante-dix ailleurs, quarante-deux journées de forte chaleur contre six à vingt-trois. C’est le seul régime où la question n’est pas « comment tenir la pelouse » mais « faut-il une pelouse ».

Ce que chaque indicateur change, concrètement

Un indicateur qui ne modifie aucune décision est un ornement. Voici, pour chacun des quatre, la décision qu’il commande.

La température moyenne mensuelle commande les deux fenêtres de semis et la durée de croissance active. Cette durée — le nombre de jours où la moyenne dépasse 10 °C — va de 156 jours dans les Alpes-de-Haute-Provence à 330 en Corse, pour une médiane de 208. C’est elle qui détermine combien de tontes une année comporte, et donc ce que vaut réellement un contrat d’entretien à douze passages : beaucoup dans un cas, très peu dans l’autre.

Le cumul de pluie de juin à août commande le besoin d’arrosage et, plus radicalement, la viabilité d’un semis de printemps. En dessous de cent vingt millimètres sur les trois mois, une levée de mai n’a pas de quoi tenir jusqu’en septembre sans arrosage installé : la question n’est plus « faut-il arroser » mais « accepte-t-on une pelouse jaune deux mois par an ».

Le nombre de jours de gelée commande la fermeture de la fenêtre d’automne et le choix des espèces. Au-delà de soixante-dix jours, la marge d’erreur sur la date de semis devient nulle, et les espèces qui repartent bien après un hiver long — pâturin des prés, fétuque rouge — prennent le pas sur le ray-grass anglais.

Le nombre de jours à 30 °C ou plus commande l’espèce dominante et la hauteur de tonte d’été. Au-delà de vingt-six jours combinés à un été sec, la fétuque élevée devient l’ossature du mélange et la tonte haute cesse d’être un conseil de confort pour devenir la principale défense de la pelouse.

Croisés, ces quatre indicateurs produisent sur les quatre-vingt-quinze fiches une répartition qui explique pourquoi les mélanges du commerce fonctionnent inégalement : dix-huit départements justifient une dominante de fétuque élevée, treize une dominante de pâturin et de fétuque rouge, sept une dominante possible de ray-grass anglais, et les cinquante-sept autres n’ont aucune contrainte assez forte pour imposer une espèce. Autrement dit, un mélange polyvalent est un choix correct dans deux cas sur trois — et un mauvais choix dans le troisième, sans qu’aucune étiquette ne le signale.

Ce que ce découpage ne dit pas

Trois limites, et elles comptent autant que les chiffres.

Un département n’est pas un climat. Les Hautes-Alpes ou la Savoie couvrent mille mètres de dénivelé, et l’écart entre le fond de vallée et le versant y dépasse largement l’écart entre deux régions. C’est pourquoi chaque fiche affiche l’altitude et le nombre des stations retenues : trois stations à 550 mètres décrivent une vallée habitée, pas un département alpin.

Un régime est une case, pas une carte. Deux départements de la même case peuvent différer de deux cents millimètres de pluie annuelle. Le Val-d’Oise et le Finistère partagent le même régime — peu de chaleur, peu de gel — mais pas le même cumul de pluie. La fiche départementale reste le document de référence ; le régime donne l’orientation.

Une normale n’est pas une prévision. Elle dit ce qui s’est passé en moyenne sur trente ans. Elle sert à choisir une fenêtre de trois à dix semaines, jamais un jour. Et elle ne dit rien du sol — sa texture, sa compaction, son drainage — qui pèse au moins autant sur le résultat et ne se lit sur aucun relevé national.

Par où continuer

Questions fréquentes

Pourquoi sept régimes et pas les régions administratives ?

Parce qu'une région administrative n'a aucun sens climatique : l'Occitanie contient à la fois le Gard, où l'on compte cinquante-six journées à 30 °C, et la Lozère, où le sol gèle près de quatre-vingt-dix jours par an. Les sept régimes sortent d'une grille à deux axes appliquée aux relevés, ce qui regroupe des départements comparables plutôt que voisins.

Pourquoi le Val-d'Oise est-il dans le même régime que le Finistère ?

Parce que leurs contraintes de pelouse se ressemblent : peu de journées à plus de 30 °C et peu de gelées. Un régime n'est pas une carte, c'est une case. Cela dit, leurs cumuls de pluie diffèrent nettement, et c'est pour cette raison que la fiche départementale reste le document de référence.

Une normale climatique dit-elle ce que fera l'année prochaine ?

Non. Une normale est la moyenne des trente dernières années. Elle sert à choisir une fenêtre de trois à dix semaines, pas une date. À l'intérieur de la fenêtre, c'est la météo de l'année et l'état réel du sol qui décident du jour.

Pourquoi la Corse ne compte-t-elle qu'une seule fiche ?

Les postes météorologiques corses portent l'ancien numéro de département 20 et ne se répartissent pas entre Corse-du-Sud et Haute-Corse dans le jeu de données. Séparer les deux demanderait de deviner à quel département appartient chaque station. Nous publions donc une fiche unique, et le total est de quatre-vingt-quinze fiches pour quatre-vingt-seize départements métropolitains.

Les départements de montagne sont-ils correctement décrits ?

Imparfaitement, et la fiche le dit. Les valeurs portent en priorité sur les stations de moins de 600 mètres, là où se trouvent les jardins. Sept départements ne comptent pas assez de stations basses et sont décrits par l'ensemble de leurs postes : leurs chiffres sous-estiment alors la douceur des vallées habitées.

Sources et méthode

  • Jeu « Données climatologiques de base — mensuelles », Météo-France, publié sur data.gouv.fr sous Licence Ouverte / Open Licence 2.0 — page du jeu de données. Fichiers téléchargés département par département et agrégés localement.
  • Référentiel des départements : API Découpage administratif, geo.api.gouv.fr.
  • Période de référence, seuils de complétude, assiette d'altitude, seuils de classification et conventions de calendrier : page méthode.